fbpx

Epargne des Français : les conséquences de la crise

Partager sur facebook
Partager sur pinterest

La crise sanitaire a impacté tous les domaines depuis le début de la pandémie. Sur le plan financier, les Français ont utilisé leur épargne pour alimenter leur livret A avant de revenir en bourse.

Bien avant la crise du covid19, on a observé un changement des habitudes d’épargne chez les Français. L’assurance vie a subi une décollecte historique en l’espace d’un mois seulement. Alors que la collecte de février était à plus de la moitié sur la même période l’an dernier, elle s’est pourtant établie à 1,5 milliards d’euros.

Epargne des Français : les conséquences de la crise

Au mois de mars, les épargnants se sont orientés sur leur assurance vie, d’où la collecte grimpant les 9 milliards d’euros, contre une décollecte de 11,2 milliards d’euros. C’est une grande première depuis le mois de décembre 2018, indique la Fédération Française de l’assurance FFA. La collecte nette négative remonte à la crise grecque en décembre 2011 où elle s’affiche à -3,8 milliards d’euros.

Philippe Crevet du Cercle de l’Epargne estime que cela résulte du fort recul des cotisations de février à mars 2020, allant de 11,2 à 9 milliards d’euros. Or, les cotisations s’élevaient à 12,3 milliards d’euros en mars 2019. Du côté des prestations, les chiffres ont atteint les 12,3 milliards d’euros, alors qu’ils étaient à 9,7 milliards d’euros en février et 10 milliards d’euros en mars 2019. Le confinement a pris le dessus sur l’assurance vie. À compter du confinement du 17 mars 2020, les épargnants ont été entravés dans leur mouvement. Lors de la seconde quinzaine, ceux qui n’ont pas eu la possibilité de rencontrer leur assureur ont dû se résigner à limiter le nombre d’opérations.

Seule une faible proportion des titulaires du livret A effectue des arbitrages sur Internet, contre la grande majorité. À cela s’ajoutent d’autres éléments perturbants qui ne favorisent guère la situation des investisseurs. Les rumeurs circulent au cours de ces dernières semaines sur les réseaux sociaux que Bercy envisage « la possibilité de ponctionner de 10% les comptes de moins de 100.000 euros de tous les Français. » Pour les comptes supérieurs à 100.000 €, la ponction s’élève à 15%.

Pourtant, le ministère de l’Economie a vite démenti la ponction massive de l’épargne sur LCI, comme quoi cette annonce était une fake news. Il est impossible de relancer l’économie en augmentant l’impôt. En tout cas, le ministre Bruno Le Maire a été clair sur ce point.

Depuis la fin de l’année 2019, les rumeurs se sont activées à nouveau, une date à laquelle les autorités de contrôle ont pris la main aux fonds en euros. Même si les contrats d’assurance-vie semblaient sécurisés, il était conseillé de réorienter l’épargne vers les fonds en unités de compte investis sur les marchés financiers.

Ce problème persiste depuis le début de l’année, alourdi par la crise du covid-19 où la bourse a chuté avec une perte du CAC 40 à près de 23%.

Les épargnants ayant suivi les conseils « officiels » pourraient ainsi regretter leur choix au mois de mars, malgré la collecte en unités de compte qui représente 35% des cotisations.

Habituellement, les épargnants reviennent sur le livret A pour se prémunir des risques, car celui-ci présente l’avantage d’être exempt de fiscalité et de liquide. De fait, la collecte enregistrée sur le livret A en mars a atteint 2,7 milliards d’euros.

Un autre changement majeur est perceptible, marqué par le retour des épargnants en bourse. Une étude de l’AMF établie par le gendarme des marchés indique que plus de 150.000 investisseurs font leur entrée en bourse pour la première fois depuis janvier 2018. Rappelons que certains particuliers étaient déjà actifs au cours des mois qui précédaient la crise. Le profil a également changé des habitués du marché. Les nouveaux arrivants ont entre 10 et 15 ans de moins et investis de plus petits montants. Entre le 24 février et le 6 avril, près de 580.000 particuliers sont revenus sur les actions SBF 120 et du CAC 40.

fr_FR